jeudi 21 novembre 2019

La fracture, Nina Allan

La Fracture est un roman de Nina Allan traduit par Bernard Sigaud, et édité chez Tristram en 2019.
C'est le cinquième texte de l'autrice traduit en Français, après les formidables recueils Complications (2013), Stardust (2015), et les romans Spin (2015) et La Course (2017).



La Fracture commence par une disparition.
Nos héroïnes sont deux soeurs, Séléna et son ainée Julie, au moment où la différence d'âge se met entre elles, où les préoccupations de Séléna ne sont plus celles de Julie.
Par une soirée des plus anodines, Julie sort de la maison, peut-être pour aller voir une amie, peut-être pour faire une course... On en ignorera la raison : Julie disparaît.
Vingt ans plus tard, Séléna mène le quotidien terne de sa vie adulte sereinement et sans panache, quand son téléphone sonne. Au bout du fil, Julie, qui lui propose de la rencontrer, et lui présentera comme explication à sa disparition une incroyable histoire.
Peut-on la croire ? Julie est-elle bien Julie ?
Tout en exposant finement la mécanique de la relation qui unit les deux soeurs, le roman nous égare d'allusions subtiles en images pleines de sens, pour vite devenir un grand roman du faux semblant. Nina Allan utilise tout son art pour composer avec différentes strates de réalité, différentes symboliques, et parvient tout à la fois à en dire assez pour éveiller notre petit enquêteur intérieur, et à dissimuler suffisament la réalité pour ne jamais nous permettre de parvenir à une explication.
Pour multiplier les interprétations possibles, elle sème différentes pièces narratives, devoirs de lycée de Julie, courts épisodes qui semblent être autant d'étranges signaux d'alerte, dont la thématique semble être la réalité alternative, et les fantômes de celle-ci. Ces chemins que l'on aurait pas dû prendre, ces choses que l'on prétend faire et que l'on ne fait pas, ces amis disparus à qui l'on pense encore... Les voiles entre réalité et fantasme sont particulièrement ténus, pour la grande fascination du lecteur.
Ce roman sensible et précis est tout à la fois un excellent roman de science-fiction, et une somme touchante d'histoires humaines.
Il faut lire Nina Allan, et se sentir revigoré par l'originalité et l'exigence de son oeuvre.

La Fracture, Nina Allan, traduite par Bernard Sigaud, Tristram, 2019.

Un extrait : Apocalypse bébé, Virginie Despentes

"Et puis, un matin, il pleuvait sur le 13e arrondissement, ils y cherchaient un Russe - ils venaient de s'installer en ville, c'était il y a déjà longtemps - et Kromag s'était plaint de son ulcère à l'estomac. La Hyène avait demandé : "T'en aurais pas marre, du job ? " et il avait eu un déclic, oui, il en avait sa claque de se lever chaque matin sans savoir qui il allait menacer, sans savoir s'ils seraient plusiseurs, s'il aurait peur, ou, pire que tout, s'il aurait pitié, et honte de ce qu'il faisait. Il en avait marre de serrer les fesses chaque soir en tournant la clef dans la serrure de sa porte, avec la trouille au bide à l'idée de découvrir des hommes qui l'attendraient dans le salon, ou le corps de sa petite amie déchiqueté dans la cuisine, ou de se faire plaquer au sol par une brigade de keufs. Oui, il en avait marre de vivre dans la terreur, tout en ne gagnant pas de quoi quitter son trente mètres carrés au dessus de Belleville. Il ne tenait plus que pour faire équipe avec elle. Elle avait dit "si t'arrêtes, je vais te regretter. Mais toi, tu es capable de travailler ailleurs. Moi, non. Je ne supporte pas la contrariété. Alors que toi, tu peux t'adapter, c'est dommage que tu te bouzilles le corps à faire quelque chose qui te débecte." Kromag racontait que ça lui avait donné envie de pleurer, parce qu'il avait réalisé, à ce moment-là, qu'il allait arrêter, et que c'était terminé, l'équipe avec elle. Mais aussi parce qu'il avait su qu'elle disait vrai : elle était irrécupérable, impropre à la vie normale. La différence entre les vrais durs et ceux qui optent pour la rédemption : il y en a qui ont le choix, d'autre pas. Chaque fois qu'il racontait ce moment de leur histoire, il s'émouvait tout seul, comme s'il avait abandonné un co-équipier blessé tout en haut d'une montagne, sachant qu'il ne tiendrait pas longtemps, et lui se sentant coupable de détaler sur ses deux jambes pour retrouver la vie normale. "La Hyène, c'est du tragique pur, quand tu l'approches de près, tu sais vraiment ce que c'est que la solitude, la tristesse et l'inaptitude." Quand il attaquait ce chapitre, ça s'entendait qu'il l'aimait. Pas "aimer" au sens de je vais te bouffer la chatte, mais comme quand l'attitude de quelqu'un vous est chère et que chaque souvenir commun est recouvert d'une fine couche dorée. Depuis deux ans que je fais ce boulot, j'ai eu d'autres occasions d'entendre parler d'elle, et j'ai compris qu'elle faisait cet effet-là à beaucoup de monde, alors ce n'est pas à moi qu'il faut venir raconter qu'elle souffre de solitude..."

Apocalypse Bébé, Virginie Despentes, Grasset, 2010.

Changes

Je m'en veux de ne pas tenir ce blog plus à jour.
Et puis je me souviens qu'entre les 7h30 + 2h30 quotidiennes et obligatoires, j'ai finalement trop peu de temps pour la vie réelle pour avoir envie de la gâcher devant un écran.
D'autant plus que notre manière de lire change avec le temps, et que je ne m'y retrouvais plus, en contenu et en temps.
On va tenter quelques chose de nouveau : des avis de livre, toujours, mais aussi des extraits, quand je lis un petit passage qui attire mon attention, des thématiques culturelles autre que le livre, de petits textes sur diverses passions exotiques (en ce moment la peinture figurative de la Renaissance à nos jours).
Tentons.

jeudi 25 octobre 2018

Les rigoles, Brecht Evens

Les nuits de Brecht Evens sont plus belles que nos jours, bonjour.
Brecht Evens est sympathique, Brecht Evens dessine bien, Brecht Evens est le Neal Stephenson de la bande dessinée francophone ... Bref, parlons des Rigoles.


On se souvient de Panthère (un mystérieux animal imaginaire contamine les rêves et la réalité d'une petite fille esseulée), on se souvient des Amateurs (folie chorale d'une bande d'artistes décidés à réaliser une oeuvre collective d'art contemporain à la campagne), mais, quand on lit les Rigoles, on se souvient surtout des Noceurs (heurs et malheurs de Robbie, le Monsieur Loyal de toutes les soirées réussies). Les Noceurs était déjà une bande-dessinée sur l'art de se perdre dans les fêtes urbaines, ou comment joie et futilité peuvent procurer lors du temps suspendu qu'elles constituent une sorte de consolation, un remède réparateur.
Dans les Rigoles, on retrouve un peu de notre cercle de joyeux fêtards, mais la tonalité qui domine tient de la mélancolie douce.
Trois personnages hauts en couleurs se partagent le livre, et la soirée qui s'écoule est constituée de leurs expériences douces-améres : Jona passe ici sa dernière nuit avant de quitter la ville, et ce qu'il voudrait laisser derrière lui ne cesse de le poursuivre, le Baron Samedi (un ami de Robbie) tente de soigner son coeur brisé en se perdant dans les fêtes les plus fantastiques, et Victoria passe une douloureuse soirée en compagnie d'amis, à se couler dans une normalité qui n'est pas tout à fait la sienne.
Trois aventures personnelles complexes, dans le cadre chatoyant des fêtes de Brecht Evens, tellement belles qu'elles font tout oublier : les bars sont légion, les gens joyeux, le taxi sort d'un conte... et cependant, alors que l'on touche du doigt cette magie fêtarde, aucun des trois héros ne s'y retrouve vraiment.
Les Rigoles est le récit de trentenaires qui se font rattraper par le réél, alors que leur oblivion se révèle pour ce qu'il est : une féérie limitée, pour laquelle les coups de minuit qui marquent la transformation en citrouille ont déjà retenti.
Et là sont peut-être les limites de l'exercice : nombreux sont les lecteurs à ne fréquenter ces glorieuses bacchanales que livresquement, voir à ne pas les apprécier du tout, et plus nombreux encore sont-ils à déjà bien connaître les limites des oublis nocturnes : en ce cas, ressentir de la sympathie pour ces personnages légers est plus difficile, et les lecteurs dans cette situation ne ressentiront sans doute d'intérêt que devant la brillante maîtrise technique de l'auteur.
Cela tombe bien, jamais Brecht Evens n'a été plus inspiré, et l'album est une fête en soi : l'auteur inclut dans ses pages maintes citations d'autres artistes, joue avec les plans, le noir & blanc, l'harmonie des couleurs... Les Rigoles est une symphonie qui célèbre le monde de la nuit, et c'est bien comme cela que l'on peut lire cette bande dessinée : en laissant ses yeux s'émerveiller de la beauté de la promenade, comme l'auditeur se laisse emmener en écoutant son musicien préféré. Nous y sommes, c'est très beau, et nul ne sait ce qui se produira lors de la page/note suivante, mais cet instant dont nos sens se régalent, cet instant... est magique.

Les Rigoles, Brecht Evens. Actes Sud BD, 2018.
----



* Pardon. Je sais. Aimer autant ce travail chatoyant me positionne illico en tant que hipsterette téléramesque, alors que peut-être toi-même, tu n'y es pas très sensible. Alors pour te remettre, tu peux aussi voir Julie Doucet, et Jhonen Vasquez, ça fera respiration. Des bisous.

lundi 8 octobre 2018

Déracinée, Naomi Novik

Plaisir coupable que l'on s'administre en cas de besoin avec un bon chocolat et un plaid, le roman-initiatique-de-fantasy-pour-jeunes-filles recèle parfois de bonnes surprises.


Ah, merveilleux romans-initiatiques-de-fantasy-pour-jeunes-filles, ils ne nous déçoivent jamais !
Avec leurs lots de situations canonniques pré-écrites, comme ici, histoire que vous avez entendue 100 fois : dans un petit village slave, au fin fond d'un Royaume dont on a oublié le nom, et juste à côté d'une menaçante forêt, une jeune fille est envoyée, chaque année, tenir compagnie au Dragon, un mystérieux sorcier (Ah, je te l'avais dis, tu l'as lu mille fois). Les parents le savent, et surveillent bien leurs filles, en les enlaidissant le jour J, en s'assurant qu'elles n'aient pas trop de talents naturels (Mélanie Fazi en a même écrit une version, d'ailleurs), en scrutant chez leurs voisins pour identifier celle qui sera choisie.
Cette année, comme toujours, exceptionnellement (tiens donc !), au grand dam des villageois, ce n'est pas la jolie Kasia qui est choisie, mais Agniezka la souillonne, et même le sorcier en soupire déja de fatigue.
C'est qu'Agniezka n'est pas très soigneuse, a un fichu caractère et déteste cuisiner.
En revanche, elle montre pour la sorcellerie un talent tout personnel, désordonné, et incompréhensible pour notre immortel freluquet magique, qui pratique une magie policée, qui fait penser à une version scienticisée du noble art des sorcières à verrues et chapeau pointu (et là tu me diras, ça commence à être un peu cool, cette affaire).
 Le sorcier, qui devrait selon le schéma narratif nous servir d'image un peu mystérieuse et dangereuse de la masculinité, pourrait être décrit ici comme un premier de la classe soigneux, qui a pour tâche de protéger le village contre la forêt maléfique qui l'entoure et la dévore peu à peu.
Heureusement, pendant qu'il fait son devoir, au moindre danger, Agniezka lui pique des potions, défend la veuve et l'orphelin, assomme des preux chevaliers trop convaincus par la légitimité du droit de cuissage, et se comporte en général comme une épuisante sorcière stagiaire.
A tel point qu'elle parvient à sauver sa meilleure amie, Kasia, la jolie fille mentionnée plus haut (comment ça, tu avais suivi?), tombée sous l'influence de la forêt maléfique, gagnant ainsi sa légitimité en tant que vraie sorcière.
À la suite de quoi va se produire tout un bazar à base de rois, de reines ensorcelées et de dynastie qui diminue à vue d'oeil pour cause de forêt maudite (je te laisse découvrir le détail en le lisant), qui n'aura pour d'autre effet que d'établir Agniezka sorcière protectrice du village (avec une histoire d'amour en cours pas trop mièvre avec le sorcier sus-mentionné), et Kasia la jolie fille, ravie de sa reconversion professionnelle en chevalière badass et lawful good.
Et tout cela fait de Déracinée un livre très sympathique, dans lequel Naomi Novik joue avec les clichés du genre pour toujours donner le beau rôle aux filles, leur accorder le choix, et la force d'agir ou de se défendre. La solidarité féminine et l'amitié y tiennent d'ailleurs une grande place, ce qui est tout à fait appréciable.
Et le libraire qui me disait que c'était un bon livre pour ados, et bien bigre, même adulte, on peut y prendre du plaisir.

Déracinée, Naomi Novik, J'ai Lu, 2018.

jeudi 20 septembre 2018

Way inn, Will Wiles

La rentrée constitue l'une des périodes où la dissonance entre le temps apaisé des vacances et les servitudes du monde contemporain est la plus forte.
C'est donc le moment idéal pour lire le roman de Will Wiles.


J'en veux pour preuve : Neil Double, le héros, occupe l'étonnante profession de double de congrès pour cadre. En résumé, les congrès sont une plaie auxquels les cadres vont munis de leurs plus beaux costumes, la valise remplie de cartes de visites, pour sociabiliser avec d'autres cadres dans un but de réseautage professionnel, et prendre des notes qui justifieront que leur hiérarchie leur ait offert ledit congrès.

Ceci, nous dit Neil, est fortement ennuyeux pour tout le monde. Sauf pour lui, qui adore l'atmosphère hygiéniste et anonyme des chambres d'hôtels, et a transformé ses visites aux conférences en véritables promenades psychogéographiques (si vous faites appel à ses services, il vous ramènera également badges, stylos et mugs promotionnels pour attester de votre présence).
La profession disruptive de Neil est donc appelée à un bel avenir.
Jusqu'au jour où un incident le contraint à fréquenter de plus près le milieu aride des couloirs de chaînes d'hôtels, leurs moquettes interchangeables et leurs peintures abstraites.
Comme le sommeil de la raison engendre des monstres, nous dit Goya, Neil va découvrir que l'utilitarisme le plus propret constitue le nid idéal pour l'horreur débridée, période Jack-Halloran-écrit-dans-sa chambre-de-l'Overlook.

Will Wiles écrit un roman réjouissant et hyper contemporain, dont l'écriture clinique et détachée permet la distance nécessaire pour parodier les rites de l'entreprise.
Les amateurs du Ballard de Crash et de I.G.H. trouveront du plaisir à fréquenter les couloirs de  Way Inn, et la deuxième partie du roman devrait également satisfaire les nostalgiques du King horrifique des années 70-80.
On passe un moment délicieusement acide avec Way Inn, qui constitue un honorable roman d'horreur, comme cela fait bien longtemps qu'on en avait pas lu.


Way Inn, Will Wiles, traduit par Marie Surgers, La Volte, septembre 2018.

lundi 10 septembre 2018

Moi ce que j'aime, c'est les monstres, Emil Ferris

Qu'on arrête de respirer, qu'on s'accroche à ses binocles et qu'on serre les rangs, Emil Ferris s'en vient chez nous !


Le chef d'oeuvre annoncé d'Emil Ferris, c'est ce roman graphique qui est paru aux Etats-Unis en février 2017, et a ramassé trois Eisner Award 2018 (meilleur album, meilleur auteur/artiste, meilleure mise en couleur). Les critiques des plus grands journaux internationaux sont à genoux devant tant de beauté, Monsieur Toussaint Louverture, maison d'édition française sujette aux emballements éditoriaux, en a le palpitant qui frétille.
Devant le succès annoncé, il s'agit de composer une symphonie publicitaire à laquelle le lecteur susceptible de dépenser 34,90€ pour un tome 1 sera sensible, et, tu l'as vu toi-même, si toi aussi tu t'es retrouvé cet été à une heure indue à communiquer avec un Bot Facebook publicitaire, chez MTL, on sait plutôt bien s'y prendre.
Donc, les hipsters ont hipserisé, on a commandé son exemplaire comme tout le monde, et déchiffré ses trois-cent seize pages couleur illustrées au stylo Bic.

Le roman graphique (car densité comme quotient texte manuscrit/dessin appellent cette dénomination) raconte le quotidien troublé d'un quartier pauvre de Chicago en 1968, vu par Karen Reyes, jeune pré-adolescente à l'éblouissant talent de dessin, dont nous lisons le journal.
Suite au meurtre de sa belle voisine, elle décide d'emprunter chapeau mou et imperméable à son grand frère et de mener l'enquête.
Celle-ci la mène des sombres secrets de l'histoire de sa voisine à ceux que recèle son histoire familiale, et il lui faut tout son attachement au dessin et aux monstres de la culture populaire pour ne pas sombrer elle-même.
Malgré les superbes illustrations d'Emil Ferris (Moi j'aime les monstres est la quintessence du livre Instagrammable), l'univers dépeint est particulièrement glauque et violent : l'environnement cruel dans lequel la petite détective grandit ou les terribles histoires d'Anka la belle décédée, ne sont mis en perspectives qu'à travers les images de monstres issues de la pop culture qu'utilise Karen dans ses dessins pour filtrer la violence.
C'est notamment l'occasion de prouesses illustrées au début de chaque chapitre, qui s'ouvre sur une fausse couverture de magasine d'horreur.
En définitive, malgré la réception enthousiaste générale, c'est l'image la plus tenace que l'on peut garder de ce tome 1 : des illustrations spectaculaires, qui, à force de beauté, ne parviennent pas complètement à servir le propos, en attirant notre attention sur la réalisation plastique plus que sur le fonds. C'est notamment le cas lors de passages plus faibles (car, en 316 pages, comme dans un roman bien dense, il y en a), où on ne peut s'empêcher de ressentir une tendance à se regarder dessiner.
J'ai bien conscience que l'histoire personnelle d'Emil Ferris, qui réapprenait alors à se servir d'un crayon après une maladie, peut expliquer cela. Et je n'oublie pas non plus qu'il s'agit d'une première œuvre.

Malgré sa grande beauté, et les intrigantes thématiques abordées, il est peut être alors déraisonnable de crier au chef d'œuvre.
Il paraît plus honnête de saluer une entreprise d'une singulière originalité, et d'espérer d'autres réalisations de l'autrice prodige.
En attendant, Moi ce que j'aime c'est les monstres comblera probablement les fanatiques d'illustration disposés à en payer le prix.